Développeur COBOL

Comment éviter la double peine…

Contrairement aux idées reçues, les développements Mainframe constituent encore aujourd’hui le socle technologique de la majorité des entreprises. Au cœur des SI, ces usines logicielles sont un axe stratégique pour l’activité de bon nombre de banques, assurances et grandes industries mondiales.

Paradoxalement, le langage COBOL, à l’origine des développements Mainframe, manque cruellement d’attractivité.

Bien que de nombreuses entreprises aient programmées sur 2012 un projet d’évolution de leur patrimoine COBOL, elles peinent cependant à trouver des cobolistes. Le renouvellement des compétences Mainframe est en effet très limité, ce qui amplifie un phénomène de fond : la raréfaction des développeurs COBOL. Cette carence s’accentue par une vague massive de départ à la retraite programmée sur les 10 prochaines années associée à une forte volonté des grands éditeurs et intégrateurs de gérer à leurs profits cette raréfaction. Au final, il s’agit bel et bien d’un risque énorme pour les entreprises de perdre leur capital et savoir-faire métier, sans pouvoir assurer la relève.

Le langage n’est pas le principal problème

Dans un contexte de crise économique, on pourrait penser qu’il est facile de trouver des candidats disponibles pour les postes de développeur mainframe. Malheureusement, il n’en est rien. En effet, le langage COBOL n’est pas attractif comparé aux langages modernes. Les applications cibles ne sont pas « sexy » notamment parce que la couche de présentation graphique n’est pas développée en COBOL.
Autre phénomène : il n’est pas évident de se mettre en avant lors d’une soirée devant les copains quand on programme en COBOL ! Il est même difficile d’expliquer que la majeure partie du business des entreprises est programmée dans ce langage.
Ceci étant, le langage COBOL est procédural, facile à appréhender et ne constitue pas à lui tout seul le point de blocage quant à l’embauche de jeunes développeurs.

L’environnement de développement : la double peine

L’accès à l’environnement de développement mainframe natif (ISPF) se fait via des émulateurs 3270 en mode caractère. L’outil de travail numéro 1 du développeur étant l’éditeur de texte, les développeurs mainframe passent le plus clair de leur temps dans l’éditeur ISPF datant des années 70 !
Lors de leur formation, les stagiaires considèrent l’accès au mainframe en 3270 comme une sorte de minitel antédiluvien. Certains d’entre eux abandonnent purement et simplement lorsqu’ils comprennent qu’ils vont passer leurs journées dans un tel environnement.
Cet outillage est clairement un frein pour le recrutement de jeunes talents et constitue un filtre de sélection naturelle retenant certes les plus motivés mais pas forcément les plus talentueux…
La comparaison entre l’interface 3270 et les interfaces graphiques modernes est tellement désavantageuse pour le 3270 qu’il ne faut pas espérer que les jeunes recrues deviennent des experts dans l’utilisation d’ISPF…même en Inde !. Leur efficacité dans un tel environnement restera donc très limitée pour la plupart d’entre eux.

La solution : Eclipse

Par quels outils remplacer l’outillage traditionnel sous ISPF ? Il n’y a désormais plus beaucoup de questions à se poser : Eclipse est devenu un standard de fait dans l’environnement mainframe.
Eclipse fournit en effet un cadre permettant de développer des outils de développement intégrés largement utilisés dans le monde Java (Eclipse, lui-même, est développé en Java). Faire profiter les développeurs COBOL de cette infrastructure présente plusieurs avantages :
– environnement moderne, intégré, attractif pour les jeunes développeurs
– fonctionnalités ouvertes sous forme de plug-ins
– rapprochement des développeurs Java et COBOL
– bénéficie d’une forte communauté, dynamique, active et internationale
Etant largement utilisé dans le monde Java, Eclipse dispose d’une multitude de plug-ins de gestion de sources, bug tracker, gestion de projet, tests unitaires, etc… Tous ces plug-ins sont mis en œuvre aujourd’hui dans le cadre de méthodes projet agiles et constituent une opportunité d’évolution pour les méthodes de développement mainframe.

Outils: Opter pour l’Open Source

Les plug-ins Eclipse sont généralement développés en EPL (Eclipse Public Licence), modèle de licence qui permet à tout un chacun de modifier, compiler et éventuellement commercialiser des plug-ins. Ceci favorise l’émergence de solutions professionnelles basées sur des plug-ins Open Source.
Il devient alors possible de bâtir un atelier de développement COBOL mainframe sur mesure en assemblant les plug-ins qui conviennent aux modes de fonctionnement et aux outils de son entreprise. Il suffit seulement que les plug-ins accèdent de manière native aux ressources Eclipse et n’enferment pas l’utilisateur dans un cadre propriétaire.
Cet atelier devient un logiciel résultant de l’assemblage de plug-in dans lequel on configure les fichiers de paramétrage communs à l’ensemble des développeurs et que l’on distribue sur les postes de travail. Une bonne pratique communément partagée est de faire une mise à jour annuelle.

2 réflexions au sujet de « Développeur COBOL »

  1. A un moment je m’y étais interessé : le plus gros soucis pour moi : impossible de trouver un compilo et un environnement d’execution qui tourne sur un pc/mac classique. Etant déjà habitué a Eclipse, j’avais installé le plugin cobol, mais j’étais resté coincé la.

    il y a des solutions ? (sans trop débourser et sans se chercher un as400 d’occase ? :D )

    • Nous avons la solution dans les cartons qui sortira début d’année prochaine. Pour être prévenu, le mieux est de s’inscrire au groupe Cobos sur LinkedIn.
      Une petite question : le but, c’est un usage personnel ou professionnel ?

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